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dimanche 11 mai 2008

Draguignan : Les forains ne sont pas toujours à la fête

 Séquence Tektonik au pied du manège qui décoiffe !  :  Photo Christophe Chavignaud Séquence Tektonik au pied du manège qui décoiffe ! : Photo Christophe Chavignaud

L'avenir s'assombrit au-dessus des manèges. Pour ces industriels forains, la roue tourne. Et pas forcément dans le bon sens.

Hubert Raldo (du syndicat des industriels forains), installé comme ses collègues sur les allées d'Azémar jusqu'à mercredi soir ne voit pas l'avenir en rose : « Je ne pense pas que la profession ait de l'avenir. »

Il fait ce métier - 400 m2 d'une superbe piste d'auto-tamponneuses - depuis près de 30 ans. S'il reconnaît : « Draguignan, on est bien, on a de bons rapports avec la mairie », il tempère : « Tout augmente, nos frais, les normes de sécurité pour des recettes qui restent stables. Nous sommes dans la situation d'une entreprise normale, avec par exemple, des frais de carburant considérables. 15 % de mes dépenses vont en carburant, j'ai trois camions de 45 litres et un 4x4. J'en ai pour 700 E de plein par camion. »

Et la fréquentation ? « Il y a moins de monde, les gens ont davantage de loisirs et ils consacrent un peu moins de temps à chacun. Ils vont les multiplier et quand ils dépensaient 10 E par attraction, ils n'en dépensent plus que 5 pour la même. »

Il résume : « Les années sont comptées » et dresse l'équation : « Plus de difficultés, plus de frais, moins de fréquentation », tout en admettant : « Une manifestation telle que le corso, en même temps que la fête, c'est bon pour nous. » D'une façon générale, « le gouvernement ne nous reconnaît pas, alors que les cirques sont reconnus dans les professions culturelles, on n'est même pas considérés comme des artisans, ce que nous sommes. » Il garde un certain espoir après une entrevue avec le président Sarkozy. « Il nous a dit qu'il pourrait envisager de nous intégrer au sein du ministère de la Culture, on va voir ». Il revendique un maintien de la fête au centre-ville. « Ça fait 27 ans que je fais ce métier et depuis tout ce temps, j'entends la rumeur qui dit qu'on va quitter le centre. Mais vous savez, désormais, on ne peut plus vivre avec un seul manège, j'en ai deux. Sinon, on est envahis par les autres. » Alors, que reste-il du bonheur de ce métier ? Il réfléchit un peu : « On n'a pas de patron, on est libre... » Et encore, on nous demande d'arriver le plus tard possible, de repartir le plus tôt possible, pour rendre la place au parking et limiter le bruit. Autrefois, c'était la fête, maintenant, la fête, ce n'est plus qu'un regroupement de manèges. »

C'est un peu l'avis de Viviane, 60 ans passés, qui tient l'inusable pêche aux canards : « On se débrouille, on a l'espoir de travailler. Ici, c'est accueillant, on est bien reçus, ça dépend des villes. Mais c'est l'euro qui nous a tués. »

Les derniers mots à deux jeunes mamans, Lætitia et Natacha qui fréquentent la fête : « On vient pour les enfants, l'avenir de ce type de fête ? On le voit très moyen. On mange un truc, sinon, je crois qu'on ne viendrait pas. »

Lætitia conclut : « Je venais à cette fête quand j'étais petite, ça paraissait plus grand... »

J.- M. D.
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