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mercredi 23 juillet 2008

Pompiers varois : coup d'arrêt aux recrutements ?

 Le torchon brûle entre les pompiers et Georges Ginesta, député-maire de Saint-Raphaël et rapporteur spécial à l'Assemblée nationale pour la sécurité civile. Celui-ci doit remettre son rapport à l'automne, avec une ferme conviction : ils ne peuvent pas dépenser plus.  :  Photo doc. Carola Czernecki et C. D. Le torchon brûle entre les pompiers et Georges Ginesta, député-maire de Saint-Raphaël et rapporteur spécial à l'Assemblée nationale pour la sécurité civile. Celui-ci doit remettre son rapport à l'automne, avec une ferme conviction : ils ne peuvent pas dépenser plus. : Photo doc. Carola Czernecki et C. D.

Georges Ginesta ne va pas se faire que des amis chez les pompiers. Le député (UMP) de la 5e circonscription du Var n'en a cure. « Les pompiers sont des gens compétents, dynamiques et bien formés. Mais il y a un moment où il faut savoir dire stop. Nous sommes arrivés à un point où une pause est indispensable », martèle-t-il.

La pause dont parle le maire de Saint-Raphaël est budgétaire. Rapporteur spécial à l'Assemblée nationale pour la sécurité civile depuis quatre ans, Georges Ginesta épluche consciencieusement les dépenses effectuées par l'État comme par les départements et les communes, par le biais des Sdis (services départementaux d'incendie et de secours). Il remettra à l'automne son prochain rapport sur le sujet.

Si le document n'est pas tout à fait bouclé - « je dois visiter encore des casernes » -, Georges Ginesta a déjà acquis une conviction : pas question de dépenser plus.

Plus que les Affaires étrangères

« Je l'avais déjà dit l'an dernier, je le répéterai cette année », insiste-t-il. « Le budget des 97 Sdis français représente 5 milliards d'euros, plus 1 milliard donné par l'État pour les avions, hélicoptères, etc. Soit 6 milliards d'euros au total, ce qui est supérieur au budget de la Culture, de l'Agriculture ou des Affaires étrangères, alors que nous possédons le second réseau mondial d'ambassades. La progression est de 4 % en un an. C'est une augmentation très importante. Une charge globale qui pèse sur tous les Français. »

Cette inflation budgétaire semble d'autant plus injustifiée, ajoute le rapporteur, que le nombre d'interventions annuelles en une décennie n'a quasiment pas changé : 3,8 millions en 1999, 4 millions en 2007.

Ce qui fait exploser les dépenses : les recrutements. De 28 000 il y a dix ans, les pompiers professionnels sont passés aujourd'hui à 38 000. Qui travaillent moins : les gardes représentent 95 jours par an, contre 130 en 1997. « Il est donc nécessaire de stopper l'accroissement des effectifs », estime M. Ginesta.

100 euros par habitant

Quant aux missions de ces soldats du feu, les incendies justement (les interventions les plus coûteuses), ne constituent en fait que moins de 10 % des sorties effectuées. « Le coeur du métier a changé, on doit s'adapter à l'évolution de la société », analyse l'élu.

Ces appels à la raison budgétaire sont valables pour le Var comme pour les Alpes-Maritimes ou la Corse, zones très touristiques, où les risques de feu de forêt sont importants. « C'est pourquoi ces départements sont bien pourvus en effectifs et en casernes, mieux qu'en Corrèze, c'est logique », fait remarquer le maire.

Ainsi, les 4 673 pompiers varois (dont 878 professionnels, les autres étant des volontaires) ont coûté en 2007 plus de 83,89 millions d'euros, « soit presque 100 euros par habitant ». Moins que les Alpes-Maritimes (121 euros par habitant) ou la Corse (185 euros en Corse-du-Sud, 172 en Haute-Corse). Cela dit, le budget annuel de la Corse-du-Sud ne dépasse guère 22 millions d'euros. Peu pour une île envahie de touristes et régulièrement en proie aux incendies.

Georges Ginesta n'en démord pas : « L'argent public pourrait être utilisé plus opportunément, pour accroître le budget de la justice ou aider les personnes par exemple. Il faudrait davantage mutualiser les dépenses, plutôt que chacun n'achète son matériel et qu'il y ait inflation des casernes. »

Pour avoir déjà tenu le même raisonnement, le député-maire s'est attiré par deux fois une manifestation virulente des pompiers de toute la région, faisant hurler leurs sirènes sous ses fenêtres, à Saint-Raphaël. Georges Ginesta hausse les épaules : « Quand on fait un rapport, il faut dire la vérité. S'ils ne veulent pas comprendre... »

Catherine Aubry
Var-Matin

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