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Var-Matin
Actualité Draguignan
lundi 08 septembre 2008

Draguignan - Cueillette de champignons : une saison sans pied ni tête

 Philippe Obriot, patron du restaurant « La Tour », à Châteaudouble, et grand connaisseur de champignons. Il n'est pas très optimiste pour la saison qui s'annonce, mais « si on a de gros orages, la donne pourrait changer ».  :  Photo archives C.Cz. Philippe Obriot, patron du restaurant « La Tour », à Châteaudouble, et grand connaisseur de champignons. Il n'est pas très optimiste pour la saison qui s'annonce, mais « si on a de gros orages, la donne pourrait changer ». : Photo archives C.Cz.

Il n'y a plus de saison, ma pauvre dame ! Si on ne peut plus faire sa récolte de sanguins, de cèpes, de girolles, de coulemelles à cause des caprices de la météo, où va le monde ?

L'an dernier, c'était déjà le désastre. Aucun champignon n'avait pointé sa tête, en raison d'une sécheresse extrême. La saison actuelle ne s'annonce pas meilleure. À moins de bénéficier de pluies conséquentes. Amateurs, cuisiniers vont lever les yeux au ciel en pistant les nuages, avant de les baisser vers le sol.

Sous la mousse, ça pousse ?

Philippe Obriot, patron de l'excellent restaurant « La Tour » à Châteaudouble, fin spécialiste (et cuisinier !) des champignons ne voit pas la saison mycologique sous les meilleurs auspices : « Il n'a pas plu, il faut 90 % d'humidité pour faire monter le mycélium, sinon, il descend. On est loin d'une activité normale, on a manqué d'orages cet été. »

Philippe a constaté : « Aux alentours du 15 août, on a eu seulement 11 mm de pluie, alors qu'il en faudrait 50 à 70 mm pour faire monter le mycélium. »

Il est catégorique : « Sur le haut pays niçois, on a déjà trouvé quelques premiers sanguins mais sur le Var ou les Alpes-Maritimes, rien n'est prévu pour l'instant. »

On devra attendre

Selon lui, « il faut attendre une quarantaine de jours après les pluies pour voir les premiers champignons apparaître, mais les étés sont de plus en plus secs. Il paraît qu'on retrouvera le climat du Maghreb aux alentours des années 2050. »

La météo annonce des pluies pour les jours à venir, ce qui constituerait une bonne nouvelle pour les chercheurs de champignons.

Philippe Obriot révèle : « Les premiers champignons qui donnent l'alerte sont les coulemelles. Quand on en voit, on peut se dire que les autres vont suivre. Quinze jours après, les sanguins apparaissent. »

Il a plu, pourtant, au début de l'été. Pourquoi les « champis » n'ont-ils pas bénéficié de cette manne ?

Philippe Obriot a une explication de bon sens : « Les pluies de juin ont surtout bénéficié aux sous-sols, aux nappes phréatiques et pas aux mycéliums, en surface. En revanche, si nous pouvions avoir de gros orages, la donne pourrait changer. »

Ces constatations sont confirmées par André Nal et son épouse, qui tiennent une pharmacie à Lorgues et sont diplômés de mycologie à la faculté de Marseille : « Il faut qu'il pleuve. Nous vivons une période de grande sécheresse. S'il pouvait pleuvoir, on pourrait assister à une poussée de champignons, mais il faut beaucoup d'eau. Il y a eu une ou deux pluies en juillet, mais c'est très insuffisant. Pour avoir des champignons, il faudrait une bonne semaine de pluie. On nous annonce de l'eau, que le ciel entende les météorologistes ! »

Savoir +

Le mycélium est la partie végétative des champignons.

Il est composé d'un ensemble de filaments, plus ou moins ramifiés, appelés « hyphes »,

que l'on trouve dans le sol

ou le substrat de culture.

J.- M. D.
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