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Var-Matin
Actualité Var
dimanche 06 avril 2008

Le retour des chenilles processionnaires

 Certaines colonies ont commencé leur procession. D'autres ont été retardées par le coup de froid. Mais dans tous les cas, attention aux piqûres...  :  Félix Golési Certaines colonies ont commencé leur procession. D'autres ont été retardées par le coup de froid. Mais dans tous les cas, attention aux piqûres... : Félix Golési

A la queue leu-leu... Revoilà les chenilles processionnaires. Certaines déboussolées par un début de printemps trop froid, ont préféré retarder leur première sortie. D'autres, plus téméraires, ont commencé à quitter les pins, en long cortège. Abandonnant leurs nids d'hibernation pour aller s'enfouir dans le sol.

Un phénomène naturel certes fascinant mais plus du tout amusant pour ceux qui, un jour, ont été victimes de la piqûre cuisante de ces insectes.

Régulation ?

Très sensibles aux conditions climatiques, les chenilles processionnaires avaient particulièrement apprécié la douceur de l'hiver 2006-2007. « L'analyse des données du réseau permanent de surveillance de la processionnaire du pin indique une situation d'augmentation des populations cet hiver dans le grand sud-est de la France », a prévenu le Département de la santé des forêts du ministère de l'Agriculture.

« En fait, on ne peut jamais vraiment savoir à l'avance si ça sera une année avec invasion de chenilles ou pas, tempère, fort de son expérience, Jean-Louis Pestour, directeur départemental de l'Office national des forêts (ONF). Mais on observe une sorte de régulation. Elles ont été très nombreuses l'an dernier, on peut penser qu'il y en aura moins cette année. »

En tout cas, pour lui, contrairement à ce que pense souvent le grand public, ces chenilles ne sont que rarement à l'origine directe de la mort des pins qu'elles colonisent. « Ceux qui ne résistent pas étaient déjà fragiles. Soit très jeunes ou très vieux. » Ou particulièrement fragilisés par la sécheresse.

Allergies : un problème de santé publique

En fait, les chenilles processionnaires ont bien leur place dans la nature. Le souci survient quand l'homme s'y frotte de trop près. A la Ddass, cette cohabitation est considérée comme un problème de santé publique. « Car ces chenilles sont très allergènes », explique Jean-Pierre Auzet, ingénieur en chef du génie sanitaire.

Deux phases sont particulièrement critiques : quand les chenilles partent en procession pour s'enterrer, et - cela est moins connu - quand elles commencent à ouvrir leurs nids pour sortir. « Si à ce moment-là, il y a du vent, toutes les substances allergènes, accumulées à l'intérieur durant l'hiver, vont être disséminées. » Dans les deux cas, mieux vaut respecter une bonne distance de sécurité. « D'autant qu'avec le vent, les poils urticants peuvent être projetés à un bon mètre. »

Interlocuteurs privilégiés et intermédiaires entre les différents partenaires, les services de la Ddass ont reçu l'an dernier de très nombreux signalements de colonies de chenilles posant problème. Cette année, ils sont pour le moment intervenus à deux reprises pour des nids à proximité de lieux fréquentés par des enfants.

Mireille Martin
Var-Matin
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